Labours

Les livres labourent les murs de la pensée
Il y a tant de rochers à bousculer que le sillon tracé
n’est pas forcément rectiligne !

Certains prendraient volontiers de la dynamite
Nous, nous estimons habiter sur des terres arables
Nous sommes aussi hommes et femmes de trait.

Les dogmes renversés, si d’autres encore surviennent
il n’est pas de saison pour le prochain labour.

Liberté

Liberté, je t’enseignerai jusqu’à l’aube, je t’enseignerai,

je t’ouvre le chemin de me bras ouverts à donner ce que je suis,

Poètes et poèmes, je vous dis, à vous étreindre

jusqu’aux falaises à rouler corps et cœurs unis,

Musiciens et musiques dans l’or de tous les styles

jusqu’à la dissonance à magnifier l’harmonie,

 Peintres, dieux de la création à illuminer nos musées,

Arts et leurs trésors, à combler le souterrain des obscurs,

Je vous enseignerai,

Liberté d’expression, jusqu’au bout.

Ton ombre

Vents inlassables et brûlants,
Mugissements fantômes dans les défilés étroits qui se resserrent,

Fertilité oubliée de nos terres emportées de poussière et de sable,
Glaces fondues, le désert-Roi éponge la vie,

Je bois ton eau rare offerte à l’écriture,
Se mire dans le ruisseau la fraîcheur de ton ombre de nuit.

Campagne

Tristesse gommée de lumière,
Chaleur de 15 heures aux volets clos,
Le temps impassible allonge ses ombres.

Tous ces chemins oubliés à ne pas compter nos passages
n’ont gardé trace à nous reconnaître.

Sourire de la perpétuité devant la grille fermée du Cimetière

Blés échevelés au méandre du vent conduisent à l’étang au pas dansant des libellules.

Vivre

Non, attention ! Ne donnons pas le pouvoir aux médecins de décider comment nous devons vivre ou respirer. Certains gestes sont une barrière à nos libertés. Qu’ils accomplissent le geste qui sauve, non celui qui contraint. Il me faut à contre-courant accepter cette gageure que mourir, le point d’orgue final de tout être humain, c’est savoir vivre et que vivre, c’est aussi, malgré tout, savoir un jour mourir.

Cœurs unis

Huit minutes et quarante-six secondes…

Qu’ont-ils dit de plus qui ne soit retenu ?

Autant d’embruns sur les mers lancés au vent !

Parole rare, le mot du poète pour tous qui entendent, lui, aime l’harmonie, pose des cierges de paix pour illuminer la paix !

Le Chef de Choeur sort son diapason quand la révolte inonde la voûte, écoutez !

Dissonance dans cet Univers de chocs.

Huit minutes et quarante-six secondes ont martelé son chemin de croix,

Un chant douloureux à l’unisson dans les cœurs,

A genoux les chorales de l’espérance.

  • Hommage à G. Floyd













Vous verrez

Verbosité des experts au réel confrontés,

Tous ceux-là, heurtent nos intelligences,

qui expriment des contradictions.

Gangrène de confusion dans les esprits,

Enfin laissez-nous vivre, aimer et mourir !

Les terrasses envahiront les trottoirs

pour une grippe, c’est heureux, vous verrez.

Mille chemins conduisent,

un horizon bleu aux ailes d’ange suffit.

Après

Les masques tombent, la liberté retrouvée offre ses chauds rayons,
Une vague de bonheur submerge,
allongés sur les plages.

Mortel pressentiment de revivre une vie de tumulte comme avant.

Moine d’un Moyen-Age, je choisis de rester confiné dans mes jours anciens, cueillir un chant d’oiseau sous mes chênes, recevoir pour l’écrire une chandelle de lune éclairant mes nuits, respirer, ressentir les choses,

A chacun son rythme, à devoir quitter celui qui peut nous perdre,
un virus nous en a parlé, la planète se meurt !
Trop nombreux sur Terre, à ne savoir écouter des mots universels,
il faut les dire, les crier et le vivre !

Le malade a bougé, les fils se débranchent et les alarmes sonnent, personne ne les entend.

Espoir

L’Humanité bâillonnée par un masque,
mourir c’est aussi un virus respirer,

A l’oeuvre les médecins ont touché leurs limites,
Un mage incompris parmi eux toujours surgit,

Nul ne sait, mais qui peut savoir ?

Les utopistes rêvant d’un monde différent ont perdu la partie,
Déjà un premier avion raye le pur bleu du ciel,
jusqu’au chant des oiseaux la Nature aura quelque temps resplendi,

De ce levain jaillissent des bulles d’espoir
à soulever le froment pour enfler cette pâte de vie,
au bord du canal, le soir, on ose enfin lever le verre,

Dans cette fiévreuse atmosphère, l’un contre l’autre blottis,
on s’est dit quelques mots d’amour.

Envol

Les lointains claquemurés de brume,
D’une splendide paix les arbres envahis, immobiles,
Palombes invitées, matinales dans l’herbe rase,

Ont quitté le nid de mésanges
d’un joyeux envol les six oisillons observés.

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