Campagne

Tristesse gommée de lumière,

Chaleur de 15 heures aux volets clos,

Le temps impassible allonge ses ombres.

Tous ces chemins oubliés à ne pas compter nos passages
n’ont gardé trace à nous reconnaître.

Sourire de la perpétuité devant la grille fermée du Cimetière.

Blés échevelés au méandre du vent
conduisent à l’étang au pas dansant des libellules.

Vivre

Non, attention ! Ne donnons pas le pouvoir aux médecins de décider comment nous devons vivre ou respirer. Certains gestes sont une barrière à nos libertés. Qu’ils accomplissent le geste qui sauve, non celui qui contraint. Il me faut à contre-courant accepter cette gageure que mourir, le point d’orgue final de tout être humain, c’est savoir vivre et que vivre, c’est aussi, malgré tout, savoir un jour mourir.

Cœurs unis

Huit minutes et quarante-six secondes…

Qu’ont-ils dit de plus qui ne soit retenu ?

Autant d’embruns sur les mers lancés au vent !

Parole rare, le mot du poète pour tous qui entendent, lui, aime l’harmonie, pose des cierges de paix pour illuminer la paix !

Le Chef de Choeur sort son diapason quand la révolte inonde la voûte, écoutez !

Dissonance dans cet Univers de chocs.

Huit minutes et quarante-six secondes ont martelé son chemin de croix,

Un chant douloureux à l’unisson dans les cœurs,

A genoux les chorales de l’espérance.

  • Hommage à G. Floyd













Vous verrez

Verbosité des experts au réel confrontés,

Tous ceux-là, heurtent nos intelligences,

qui expriment des contradictions.

Gangrène de confusion dans les esprits,

Enfin laissez-nous vivre, aimer et mourir !

Les terrasses envahiront les trottoirs

pour une grippe, c’est heureux, vous verrez.

Mille chemins conduisent,

un horizon bleu aux ailes d’ange suffit.

Après

Les masques tombent, la liberté retrouvée offre ses chauds rayons,
Une vague de bonheur submerge,
allongés sur les plages.

Mortel pressentiment de revivre une vie de tumulte comme avant.

Moine d’un Moyen-Age, je choisis de rester confiné dans mes jours anciens, cueillir un chant d’oiseau sous mes chênes, recevoir pour l’écrire une chandelle de lune éclairant mes nuits, respirer, ressentir les choses,

A chacun son rythme, à devoir quitter celui qui peut nous perdre,
un virus nous en a parlé, la planète se meurt !
Trop nombreux sur Terre, à ne savoir écouter des mots universels,
il faut les dire, les crier et le vivre !

Le malade a bougé, les fils se débranchent et les alarmes sonnent, personne ne les entend.

Espoir

L’Humanité bâillonnée par un masque,
mourir c’est aussi un virus respirer,

A l’oeuvre les médecins ont touché leurs limites,
Un mage incompris parmi eux toujours surgit,

Nul ne sait, mais qui peut savoir ?

Les utopistes rêvant d’un monde différent ont perdu la partie,
Déjà un premier avion raye le pur bleu du ciel,
jusqu’au chant des oiseaux la Nature aura quelque temps resplendi,

De ce levain jaillissent des bulles d’espoir
à soulever le froment pour enfler cette pâte de vie,
au bord du canal, le soir, on ose enfin lever le verre,

Dans cette fiévreuse atmosphère, l’un contre l’autre blottis,
on s’est dit quelques mots d’amour.

Envol

Les lointains claquemurés de brume,
D’une splendide paix les arbres envahis, immobiles,
Palombes invitées, matinales dans l’herbe rase,

Ont quitté le nid de mésanges
d’un joyeux envol les six oisillons observés.

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Lumière

Ce matin, 5 h 30.
Ciel pur, fleurs endormies, se fermaient les étoiles.
Trois passantes proches promènent leur pas, sans masque :
Mars, Saturne et Jupiter, en chapelet sous la voûte,
Prière égrainée des hommes perdus dans le Néant,
Dans la course des mondes le mystérieux mystère emporte son secret,
Tout dort et je veille,
Dés le jour nous nous épanouirons.

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MALGRÉ TOUT !

Confinement.
Les artistes inspirés du moment chantent, il le faut,
là, on meurt, on meurt ! Se nouent les drames,
(il m’est dur d’écrire)

Images vomies en continu des médias à vous serrer la poitrine,
Verbalisations, bruits de bottes dominant les rues,

Oeuvre héroïque des Aides-Soignantes jusqu’au bout,
seront modestes fleurs de printemps oubliées,

Paix intérieure à tous les confinés que nous sommes,
Dans cet air qu’on croit pur, infesté,
Bonnes fêtes de Pâques MALGRÉ TOUT !

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Nous sommes

Un virus veut gagner la partie,
n’aie peur de lui, si ce n’est ton absence à laisser ta famille endeuillée,
la vie,
un joyau, une énigme à porter, cette bague, de naissance offerte,
à la fin retirée, la mort pour qui meurt en est son point d’orgue,

Qui peut dire avoir vraiment connu nos sombres souterrains,
et tout ce qui fait que nous sommes des hommes ?

Nous montrons le meilleur de nos deux mains,
à ceux qui œuvrent d’instinct pour sauver nos vies, merci,
pour le dire, les casseroles résonnent aux balcons à 20 heures, c’est bien,

On a perdu l’essentiel, c’est ce que nous avons oublié :

Que silence et obscurité à la nuit aussi appartiennent,
Que pour l’exemple le tintamarre chasse l’oiseau endormi et les migrateurs aveuglés de lumières,
voudrions-nous être, nous, les rois d’un royaume désert ?

Enfin tout s’arrête,
et si un jour la frénésie s’enflait de plus belle ?
Qui est le virus planétaire qui dévaste ?
Tue celui que tu es pour le bien-être du vivant, de la plante jusqu’à l’étoile !

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