Dans les Jardins de Klimt

L'hiver fuit ses terres froides,
Confiné, le loir au coeur dormant a martelé ses heures, 
Libre, l'hermine blanche des cimes,
L'aube offre sa corbeille de printemps envahie de lumière,
Garde le pas silencieux pour ne froisser la levée des jonquilles,
Flâne dans les jardins suspendus de KLIMT :
Il y neige des fleurs d'amandier !

Nous vivons

Les grilles, le passé heureux les a fermées,
Dans les prés quand l’amour célébrait la nature
le chant des grillons fourmillait,
Chaudes saisons baignées dans les foins,
Oui, à double tour se sont fermées les grilles.

S’il y eut des étés, y a-t-il un brûlant espoir ?

Malade, la Planète héberge les Peuples en souffrance,
L’envers du décor diffuse aujourd’hui ses invisibles virus.
Avec leurs statistiques et à chacun la sienne,
des experts patentés pensent pouvoir en connaître l'exactitude ;
Alors, sans modestie, avec eux, elles savent, les élites,
elles savent gouverner nos libertés !

Nous sommes faits de chair.

Je meurs, tu meurs, il meurt, nous mourons, avec un seul r,
mourir, ce n’est mourir qu’une seule fois, ainsi la règle,
Je vis, tu vis, il vit, nous voulons vivre un horizon d’amour
à faire renaître toutes les saisons.

Sagesse

« …Aujourd’hui, la Covid 19 n’est pas seulement un rappel, elle s’impose comme une injonction. Nous devons en finir avec la surexploitation de la nature et de nos voisins de planète, les animaux. Formels, les scientifiques garantissent que, faute de quoi, nous paierons, à nouveau, la rançon. Au passage, il est éclairant de constater que l’un des plus microscopiques des organismes puisse mettre la planète à genoux. Quoiqu’il en soit, nous avons établi comme priorité l’adaptation aux circonstances plutôt que la prévention pour l’avenir. Certes, le remède s’imposait en urgence mais les risques de récidives ne sont-ils pas tout aussi nécessaires à combattre ? Le cœur sur la main, en pleine crise, nous avons dessiné le monde d’après, celui de la sagesse, de l’harmonie avec la nature, du respect du vivant…Et rapidement nous en sommes revenus à notre quotidien discutable, oubliant l’espoir d’une harmonie… » (Allain BOUGRAIN DUBOURG – Revue L’OISEAUMAG, LPO)

Janvier

Janvier a mis son châle sur un ciel irisé

Couvre de ses linceuls les soirs devenu pâles

J’attends votre printemps à rajeunir les années

Doux méandres du temps, roses à vos pieds, Vestale.

« Le temps passe, et il fait tourner la roue de la vie comme l’eau celle des moulins. » (Le château de ma mère – Marcel Pagnol)

Mai 1720

Le confinement fut instauré par les échevins. Par centaines, les morts jonchaient les rues pavées de Marseille, leurs corps couverts de pustules. Les bagnards escortés de gardes les chargeaient sur des charrettes pour les jeter dans les fosses communes. Les Religieux invoquaient le secours de St Lazare et tous les Saints. Malgré des feux de soufre, des fumigations, des potions magiques, rien n’avait pu stopper l’épidémie de Peste. Elle se propagea  dans toute la Provence et dura deux ans.

Vibrations

D'avoir compris tant de regards croisés, écouté tant de paroles,
Est-ce un Paradis ? D'avoir goûté tous les superflus, 
Dansé la valse des inaperçus, braise parmi la cendre éteinte des multitudes ?

Je réside au Château de Hurlevent, 
Ma forêt étrange mugit ses arbres penchés,
Les horizons d'aujourd'hui bouchés sur un ciel de liberté,

Tant de vibrations résonnent à m'éblouir,
Soulèvent un geyser d'Espérance, 
Courant et partout inattendu, j'engrange le poème des esseulés, 
Soleils dans le Domaine à fleurir l'hiver de mes jours.

Toi que j’ai vu dormir…

De Saint-John Perse :

« … toi que j’ai vu dormir dans ma tiédeur de femme, comme un nomade roulé dans son étroite laine, qu’il te souvienne, ô mon amant, de toutes chambres ouvertes sur la mer où nous avons aimé. …Comme la mer de juin respire dans les chambres-et l’amante bat des cils sous le fléau du songe- voici la mer elle-même en fleurs sous la première ondée du jour. »

Acrostiche : Joyeux Noël !

Ecrit par Alice (10 ans) :

Joli sapin,

Orne donc notre salon !

Youpi ! Le petit Jésus est enfin là,

Et les cadeaux sont arrivés…

Une poupée, un jeu de cartes, un

Xylophone, des petits légos…

  • – –

Nul ne peut nous enlever cette joie,

On a tous hâte…

Enfants, adultes, animaux…

Le covid n’y fera RIEN !

La Fable de Noël

Sans qu’on ne sache comment la guérir, l’époque est une bête de somme à s’écrouler, moribonde. Comment Noël pourrait-il s’accorder de la fête !

Tout est écrit dans le Grand Livre déjà. Des ficelles conduisent le ludion que je suis ; celui qui roule sur le rail de la vie à l’éphémère lueur ; s’il n’est un hasard cela tient du miracle à croiser un rire, un sourire, un regard de même chair, de même souffle, de même cœur.

Une âme-sœur en partage me donne comme atome lié, je suis sauvé, aimé, ennobli par elle !

Dans cette nuit d’encre, gagnée par le frisson, apparaît le prodige :

Il est né le divin enfant ! La Fable de Noël  !

Tous les enfants sont Dieu ! Tous,  en joies, Noël étincelle ! Sont un verset d’Espérance, guirlandes d’innocence sous le ciel étoilé.

 » Dans une étable obscure… »

Le partage d’un verre

Un peu de gaîté porte son vin nouveau,

Le boire sans masque à danser jusqu’à l’ivresse,

On l’a tu pour ne pas déranger les mauvaises nouvelles racontées,

Il est bien d’autres poisons que les médias sachent vomir,

Un air de fête étranglé, mais où es-tu pour le partage d’un verre et plus si affinité ?

Barrière à tous les gestes-barrière,

Heureux et souffrants au Vendée Globe les marins sur des mers démontées,

Soleil fébrile de Novembre, en cure de Beaujolais.