In your quiet place

Peins et lis mon coeur en rouge, tiens
j’écoute d’un vieux vinyle le souffle
du ténébreux Keith Jarret dans
« in your quiet place » tandis
que je colle, ce moment dérisoire,
le safran d’une maquette de trimaran,
Oeuvre de choix
la vie humble aux travaux minutieux,
et toi ? Que fais-tu donc à l’instant ?

Conjugaison

Je suis contrôlé
tu es contrôlé
il est contrôlé
nous sommes contrôlés
vous êtes contrôlés
ils sont contrôlés à l’entrée d’une cathédrale, d’une école, d’un musée, d’une piscine, d’un commerce, d’un spectacle, partout. Je dois sûrement venir d’une autre planète. Les contrôles n’existent pas sur mes Terres.

Le chardon jaune

Jour sans lumière, désert sans la pluie
La gangrène des vents dévore les sables
Tourbillons en fugue dans les défilés étroits qui se resserrent
Mugissements, étranges murmures
Le frisson d’un chardon jaune dompte ce paysage désolé
Une guêpe noire s’attarde sur le pollen de la vie.

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La Puce et le Temps (Au Vent des Mots)

http://j-ai-mots.blog4ever.net/

composition musicale et danse réalisées par Pascale

Je saute à pieds joints

entre les minutes et les secondes,

Donne-moi une heure

et je refais le monde.

 

Je compte les jours à rebours

au rendez-vous de mon Amour,

pour un Dimanche, une semaine,

et j’ajoute le moi avec les mois

qui feront des ans

aux vents de tous les temps.

 

Je saute à pieds joints dans la nuit

et je sombre dans l’oubli.

C’est notre faute

Nous, les seuls survivants, nous nous étions terrés au fond des grottes. C’est là que nous vivions. Un brasier semblait consumer la planète.
Tout est mort au dehors. Nous ne pouvions plus sortir, l’air rougi nous y aurait étouffés. Notre fin est proche. Mais que s’est-il passé ? Sur la roche, à côté des peintures rupestres, j’ai gravé ceci : « C’est notre faute ».

Et puis cette fraîcheur

Et puis cette fraîcheur née de la pluie qui tombait depuis des jours sans interruption aucune. Dans le château, par la fenêtre ouverte sur un rideau de verdure, je comptais les heures de l’ennui : Qu’il fait beau à ne rien faire, à ne savourer que le chant des gouttières.
Epoque révolue

Après la fête de la musique

Chanson :

Il y a tous ceux-là qu’on ne connaît pas,
tous ceux-là qui chantent,
qu’on veut serrer dans nos bras,
on connaît la musique, un soir d’été, la fête,
tiens-donc ! A quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

L’impasse je l’ai connue,
être le prisonnier, le sortir de l’impasse,
qu’on veut serrer dans nos bras
un soir d’été quand la fête est passée,
à quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

Etablir un pont sur la méditerranée,
les enfants africains recevoir
dans nos écoles laïques, y-a d’la place,
qu’on veut serrer dans nos bras
un soir d’été quand la fête est passée,
à quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

Comme mains tendues, fleuries, mes lavandes,
mais où sont les papillons dansant ?
Disparus, disparus, aussi le chant du grillon,
le ver luisant ne luit plus,
un soir d’été quand la fête est rompue,
à quand la fête de la planète !
Non, ce n’est pas possible, c’est impossi-i-ble
non, non, ce n’est pas possible, c’est impossi-i-ble.

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Puis s’envoler

Se poser délicatement
Sur une fleur
S’imprégner de son parfum
Se maculer de son pollen
En butiner le nectar
S’en enivrer
Puis s’envoler
Battant des ailes
Dans une courbe
Incertaine
Puis demain
Mourir.

Le printemps
A jugé le papillon digne
D’une si belle aventure …

La poésie est un thème

La poésie est un thème
On en parle
On en discute
On se plaint
On dit qu’elle n’est pas lue
On dit que la poésie
Ne se vend pas bien
On dit qu’on ne peut pas en vivre
Mais sait-on ce que c’est ?
Pourquoi en parle t-on ?
Pourquoi veut-on qu’elle se vende ?
Pourquoi veut-on en vivre ?
Pourquoi ne se limite t-on pas
À en faire et à se taire ?

La poésie se suffit à elle-même
Elle n’a besoin ni de toi
Ni des autres.

Toi d’abord, le poète
Elle te permet de t’exprimer
Elle te permet de dire des choses
Que tu ne pourras dire
Au cours d’une conversation anodine
Avec le voisin
Rencontré par hasard
Sur le palier.
Elle te rend service
Elle te tient compagnie
Dans ta solitude.
De quel droit veux-tu en vivre ?
Ta poésie, aussitôt accouchée
N’est plus à toi
Ce n’est pas ton enfant
Auquel tu tapes sur les mains
S’il n’a pas été sage
Ce n’est pas un perroquet en cage
Auquel tu veux faire dire des choses.

C’est peut-être une musique
Ou c’est peut-être un silence
Qu’en sais-tu ?
Qui peut dire ?
Qui a le droit de dire ?
Toi ? Les autres ?

La poésie n’est pas le papier
C’est ce qui flotte dans l’air.
Aussitôt écrite
Elle disparaît dans la nature
Elle va à la recherche des autres
Si elle les trouve
Elle est à eux
Ils la possèdent comme ils veulent
Elle les fait jouir
Comme elle t’a fait jouir toi
Alors que tu écrivais.

La poésie est une belle pute
Qui n’accepte pas qu’on la paye.

Et si elle ne les trouve pas
C’est tant pis pour eux
Pas pour elle.

Si tu veux quand même en vivre
Le poète
Alors peut-être après
Quand tu seras mort

Mais ça sera trop tard
Mais tu ne sauras jamais…