C’est impossible !

Chanson :

Il y a tous ceux-là qu’on ne connaît pas,
tous ceux-là qui chantent,
qu’on veut serrer dans nos bras,
on connaît la musique, un soir d’été,
on fait la fête.
Tiens-donc ! A quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

L’impasse je l’ai connue,
être le prisonnier, le sortir de l’impasse,
qu’on veut serrer dans nos bras
un soir d’été quand la fête est passée,
à quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

Etablir un pont sur la méditerranée,
les enfants africains recevoir
dans nos écoles laïques, y-a d’la place,
qu’on veut serrer dans nos bras
un soir d’été quand la fête est passée,
à quand la fête de la planète ?
C’est impossible,

Comme mains tendues, fleuries, mes lavandes,
mais où sont les papillons ?
Disparus, disparus, aussi le chant du grillon
un soir d’été quand la fête est rompue,
à quand la fête de la planète !
Non, ce n’est pas possible, c’est impossi-i-ble.

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Puis s’envoler

Se poser délicatement
Sur une fleur
S’imprégner de son parfum
Se maculer de son pollen
En butiner le nectar
S’en enivrer
Puis s’envoler
Battant des ailes
Dans une courbe
Incertaine
Puis demain
Mourir.

Le printemps
A jugé le papillon digne
D’une si belle aventure …

La poésie est un thème

La poésie est un thème
On en parle
On en discute
On se plaint
On dit qu’elle n’est pas lue
On dit que la poésie
Ne se vend pas bien
On dit qu’on ne peut pas en vivre
Mais sait-on ce que c’est ?
Pourquoi en parle t-on ?
Pourquoi veut-on qu’elle se vende ?
Pourquoi veut-on en vivre ?
Pourquoi ne se limite t-on pas
À en faire et à se taire ?

La poésie se suffit à elle-même
Elle n’a besoin ni de toi
Ni des autres.

Toi d’abord, le poète
Elle te permet de t’exprimer
Elle te permet de dire des choses
Que tu ne pourras dire
Au cours d’une conversation anodine
Avec le voisin
Rencontré par hasard
Sur le palier.
Elle te rend service
Elle te tient compagnie
Dans ta solitude.
De quel droit veux-tu en vivre ?
Ta poésie, aussitôt accouchée
N’est plus à toi
Ce n’est pas ton enfant
Auquel tu tapes sur les mains
S’il n’a pas été sage
Ce n’est pas un perroquet en cage
Auquel tu veux faire dire des choses.

C’est peut-être une musique
Ou c’est peut-être un silence
Qu’en sais-tu ?
Qui peut dire ?
Qui a le droit de dire ?
Toi ? Les autres ?

La poésie n’est pas le papier
C’est ce qui flotte dans l’air.
Aussitôt écrite
Elle disparaît dans la nature
Elle va à la recherche des autres
Si elle les trouve
Elle est à eux
Ils la possèdent comme ils veulent
Elle les fait jouir
Comme elle t’a fait jouir toi
Alors que tu écrivais.

La poésie est une belle pute
Qui n’accepte pas qu’on la paye.

Et si elle ne les trouve pas
C’est tant pis pour eux
Pas pour elle.

Si tu veux quand même en vivre
Le poète
Alors peut-être après
Quand tu seras mort

Mais ça sera trop tard
Mais tu ne sauras jamais…

J’ai eu sous les yeux

J’ai eu sous les yeux
Tout à l’heure
Un poème
Tout en rime
Tout en belles paroles
Intitulé
« À ma bien-aimée »
Si bien dit
Que j’en fus jaloux.

Aime-t-il plus fort ?
Sa muse serait-elle plus belle ?
Un ange qui te ressemble
Me chuchota à l’oreille :
Il n’en est rien
Ce ne sont que des mots.

Ma plume
Et la page blanche
Et l’encre bleue
Généreuse
Volontiers s’offrirent à moi
Mais je ne pu écrire
Que cette seule sentence:

Je t’aime.

J’attendrai devant ta porte

Tout à l’heure
Quand il fera nuit noire
Je saisirai une étoile
Je la déshabillerai de sa lumière
Je jetterai l’étoile à la mer
Je plongerai la lumière
Dans un seau de couleurs
J’en ferai un arc-en-ciel
Je l’enroulerai en ruban
Je le mettrai dans ma poche
J’attendrai le matin
Je le déroulerai à l’horizon
J’attendrai devant ta porte
J’en verrai le reflet dans tes yeux.

Tant leurs visages rayonnent

J’admire ceux qui marchent pour l’humain
La poitrine offerte
Aux baïonnettes de la haine
Immensément riches
Immensément pauvres
Prêts à partager leurs chemises
À en arracher un bras et le tendre à un plus pauvre
Ceux qui en l’autre se voient
Ceux sans armes
Qui cachent leurs larmes
Ceux dont le cœur bat
Ceux qui rêvent et qui s’acharnent
Ceux qui croient ou qui y croient
Ceux qui d’un petit pas
Franchissent les frontières
Ceux qui d’un petit pas
Enjambent les murs
Ceux qui n’ont pas peur
De croiser le regard de la misère
Ceux qui regardent la Terre
Émerveillés
Les yeux pétillants
Heureux comme des enfants
Qui découvrent
Ceux qui ressentent la faim
Ceux qui aiment
Ceux que la guerre
Fait frémir de honte
Ceux en lesquels le froid
Réveille la colère
Ceux qui vous entraînent
Tant leurs visages sont beaux
Tant leurs visages rayonnent
Ceux nés la main tendue
Ceux qui crient
Qui hurlent
Pour te réveiller de ta torpeur
Pour arrêter en toi la machine.

Je les admire
Ceux-là qui ne doutent pas
Ceux-là qui ne meurent jamais …
Bakou, le 10 mai 2017

Révolte

La force du poète
soulève l’Humanité subjuguée
aux épaules rompues de tant de résilience,
enfin se lever, nous par les mots se lever
et cent fois étreindre,
nous sommes ce qu’ils souffrent,
d’amour,
ces gens, indigents de parole
avec nous en déshérence sur la sphère.