Dans le jardin de Klimt

L’hiver fuit ses terres froides.

Libre, l’hermine blanche des cimes,

 Libre,  le loir au cœur dormant, confiné, martelant les heures,

L’aube offre sa corbeille de printemps envahie de lumière,

Garde le pas silencieux pour ne froisser la levée des jonquilles,

Rêveries dans les jardins suspendus de Klimt :

 Il neige des fleurs d’amandier.

L’épée de Damoclès

Je ne suis pas Denys,

le tyran de Syracuse,

je ne suis guère adepte des flatteries.

Mais voilà que tu ériges au dessus de ma tête,

l’épée de Damoclès,

chaque fois que je vis,

chaque fois que je sors.

Il me faut penser à la mort,

comme un mauvais sort,

aux mille visages.

Je veux bien mourir au mois d’avril

dans un bouquet de fleurs,

puisque la vie ne tient qu’à un fil,

puisque la vie ne tient qu’à un cœur.

Les Belles Passantes

Quelles belles passantes

dans leur robe de velours !

Elles penchent la tête

lourdes de rêves.

Chaque pétale est un mot

d’amour qui tombe

au temps passant.

Les belles passantes

sont des revenantes,

elles ne cessent de refleurir

en boutons de soupirs.

Je voudrais que tu me respires

comme tu les respires,

mots au vent.

Les belles passantes

ont des épines,

il ne faut pas les cueillir.

Nous vivons

Les grilles, le passé heureux les a fermées,
Dans les prés quand l’amour célébrait la nature
le chant des grillons fourmillait,
Chaudes saisons baignées dans les foins,
Oui, à double tour se sont fermées les grilles.

S’il y eut des étés, y a-t-il un brûlant espoir ?

Malade, la Planète héberge les Peuples en souffrance,
L’envers du décor diffuse aujourd’hui ses invisibles virus.
Avec leurs statistiques et à chacun la sienne,
des experts patentés pensent pouvoir en connaître l'exactitude ;
Alors, sans modestie, avec eux, elles savent, les élites,
elles savent gouverner nos libertés !

Nous sommes faits de chair.

Je meurs, tu meurs, il meurt, nous mourons, avec un seul r,
mourir, ce n’est mourir qu’une seule fois, ainsi la règle,
Je vis, tu vis, il vit, nous voulons vivre un horizon d’amour
à faire renaître toutes les saisons.

Ce n’est pas la fin du monde

Ce n’est pas la fin du monde,

ce n’est pas la fin de nous,

ce n’est pas la fin de tout.

Des pandémies il y en a déjà eu

et il y en aura encore;

des séismes il y en a déjà eu

et il y en aura encore.

La terre tourne, souffre et pleure

elle porte sur son dos

8 milliards d’humains;

Elle s’enrhume d’un univers

humide,

une grippe mondiale

grippe toute la machine;

Puis, elle repartira

avec quelques humains

en moins

silencieuse et

plus légèrement

à moins qu’elle ne s’assèche

en mourant doucement

une vie à renaître,

commencement.

Je t’écris mes mots tristes scientifiques

mais je t’envoie cette chanson magnifique :

Sagesse

« …Aujourd’hui, la Covid 19 n’est pas seulement un rappel, elle s’impose comme une injonction. Nous devons en finir avec la surexploitation de la nature et de nos voisins de planète, les animaux. Formels, les scientifiques garantissent que, faute de quoi, nous paierons, à nouveau, la rançon. Au passage, il est éclairant de constater que l’un des plus microscopiques des organismes puisse mettre la planète à genoux. Quoiqu’il en soit, nous avons établi comme priorité l’adaptation aux circonstances plutôt que la prévention pour l’avenir. Certes, le remède s’imposait en urgence mais les risques de récidives ne sont-ils pas tout aussi nécessaires à combattre ? Le cœur sur la main, en pleine crise, nous avons dessiné le monde d’après, celui de la sagesse, de l’harmonie avec la nature, du respect du vivant…Et rapidement nous en sommes revenus à notre quotidien discutable, oubliant l’espoir d’une harmonie… » (Allain BOUGRAIN DUBOURG – Revue L’OISEAUMAG, LPO)

Telefon

Telefon

Erwachender Morgen
Die Sonne den Schlupf besitzergreifend
Durchs Fenster erhascht
Mann den Schlaf in der Nacht
Hinter sich gebracht

Augen blinzeln ihn aus dem Bett
Gedanken sind bei ihr
Schlurfende Latschen bestimmen den Gang
Morgen wiederholend

Heute alles anders
Der Tag gehört ihm
Ruhe in der mittäglichen Früh
Ein Genuss
Wäre es doch Wirklichkeit

Das Telefon
Sich auf dem kleinen Tisch ein abzittert
Mann brabbelt
Hebt in leichter Bekleidung
Der Nacht neugierig den Hörer ab

Ach Klaus, Du bist es
Mann zu Mann
Bedürfnis der dringenden Mitteilung
Weißt du noch und überhaupt
Hast Du schon gehört

Mann die Zeit vergisst
Das lange Hemd null Wärme verspricht
Der Telefonhörer auf die Gabel fällt
Das war Klaus
Mann putzt sich heraus
Für den ersten Espresso am Küchentisch

Die Tageszeitung verspricht nicht viel
Impfstoff soll es unter bestimmten Vorraussetzungen heute sein
Mann liest konzentriert auf der Börsenseite
Politik im Hintergrund
Zitate, die neue Maskenpflicht
21. im 21. Jahrhundert

Telefon
Wer kann das nur sein
Ach Gerda
Schön von Dir zu hören
Gerda redet unaufhörlich
Gärtnereien, Primeln für die Tonne
Mann ist ruhig
Wartet geduldig
Ja, Gerda, ich gebe Dir recht
Weiß auch nicht, was das noch werden soll
Drama
Telefonhörer auf die Gabel fällt
Das war Gerda

Kaffeemaschine in Bereitstellung
Jetzt ein Espresso
Der erste Schluck belebt
Das geschmierte Brötchen stärkt
Apfel Vitamine verspricht
Gedanken in einer Stille
Blick zum Fenster
Gardine hängt wie gestern

Markt ist angesagt
Zettel liegt bereit
Lesende Brille kontrolliert
Alles hat seine Richtigkeit
Sonne beeinflusst das Gemüt

Telefon
Wer ist das denn jetzt
Uli, wie geht es Dir
Mann redet vom Befinden
Von der Tageszeitung
Und vom Markt

Uli berichtet vom tristen Wetter
In Berlin
Wann sehen wir uns wieder
Pandemie Barrikaden gesetzt
Telefon uns sprechen lässt
Das war Uli
Bis zum Markt und zurück

Schlüssel dreht
Mann öffnet voll bepackt die Tür
Streift die Schuhe ab
Auch der Mantel hat seinen Platz
Tüten auf dem Küchentisch verteilt

Telefon

Musique de Neige

La neige m’enchante

me chante.

Je passe

et les arbres chuchotent,

secouent leurs étoiles

sur les ombres,

pénombre de lumière,

pénombre de lune branche.

Un violon pleure,

Un piano court ses notes blanches

et noires sous les branches,

que le soleil fait glisser doucement,

comme un vêtement d’argent,

sa musique de neige.

Eiskalt

Knirschender Frost
Eiskalt
Glatte Straßen
Eiskalt

Januar-Himmel blau
Eiskalt
Tanzend nackte Füße im Schnee
Eiskalt
Kindliche Schneemänner lachen
Eiskalt
Kinder an Eiszapfen lutschen
Eiskalt
Schneeball im Nacken
Eiskalt
Hauchiger Atem
Eiskalt

Wind auf hoher See
Im Winter eiskalt
Gefrorene Flussufer
Eiskalt

Sonnenstrahlen einmischend
Minusgrade eiskalt
Junge auf Erkundungstour
Finger am gefrorenen Nass
Eiskalt
Warme Gesichtszüge
Eiskalt

Nicht einhaltende Versprechen
Eiskalt
Verborgene Liebe
Eiskalt
Glänzende Augen
Eiskalt

Regenwälder abholzen
Eiskalt
Verklappung von Kerosin
Eiskalt
Kinderarbeit für Profit
Eiskalt
Hungernde Kinder
Mais zur Gewinnung der Bioenergie
Eiskalt
Wolkenkratzer
Am Rande Slums
Eiskalt
Politik im Rausch
Eiskalt

© Annegret Schupke