La ville

La mode étale ses filles roses
absolument modernes;
J’ai humé tous les parfums cerise
et finalement j’ai choisi
cette goutte d’eau au bord de tes yeux,
parce qu’elle était vraie.

Ils s’attablent du bout du monde,
ils ont rendez vous avec le soleil.

Tous les mots scintillent
jusqu’à ce livre café.

Seule une bière esseulée
mousse sa solitude sur un visage penché.

Je mesure les pas de la ville vivants,
tellement vivants.

J’ai ralenti le temps, pris le temps d’écouter.
J’ai pris le temps de regarder l’inoubliable soleil,
étal de fruits et légumes colorés,
criées.

Dans le ciel, pas un nuage signe la fin de l’hiver
que déjà l’été trépigne
le commencement de sa ligne.

La mise

La jeunesse tourne la page
d’une foule en liesse;
Elle raflera la mise
où l’indécence n’aura pas prise;

L’espoir caresse ma joue
des belles personnes;
Une promesse venue,
encore une promesse qui ne sera pas tenue,
mais qui fera l’élu.

Je regarde sur la place
tous les pigeons dodelinant
qui viennent chercher leurs miettes;

Sais-tu que les pigeons ont des yeux de biche ?

Tu feras mille rêves

Tu feras mille rêves.
Tous ces rêves
Te regarderont avec dédain
Ou ils ne viendront que colorer
Mais de couleurs ternes
Ton quotidien.

Un seul
Celui de petits yeux pétillants
D’un enfant
Qui rit aux éclats
Viendra égayer le silence
D’une nuit qui commence
D’une nuit  sans fin.

(Bakou, à une dame qui s’occupe d’enfants malades)

C’est un rêve

desert

C’est une ville bruyante
À laquelle vous venez de renoncer
C’est l’automne
Qui écoute et ne dit rien
C’est le désert
Qui vous accueille à bras ouverts
Ou une ile
Au rivage souriant
C’est un petit nuage
Qui salue en passant
C’est une danse
Au rythme lent
C’est un rêve
Qui fait son petit bout de chemin
C’est une solitude

Mais partagée …

Le calme revenu

ouragan

Si les éléments se sont déchainés
Et que la tempête nous a séparés
Si une violente bourrasque
T’a emportée
Et que mes appels
Mes cris
Mes hurlements
Sont restés vains,

Le calme revenu,
À la lumière d’une chandelle,
Sur une page blanche,
De ma main
Dont tu disais
Qu’elle est douce et belle,
J’écrirai :
Je t’attends.

Autrement dit

paul_valery

Autrement dit:

Tout homme
Porte une muse dans son cœur
Ou dans sa tête
Ou dans les deux à la fois.

Si, pour vous, ce n’est pas le cas
Vous m’en voyez désolé
Mais c’est que vous ne respirez pas.

J’ai ma muse dans mon cœur
Quand à moi
Et dans ma tête
Et dans mon ventre.

Et il est vrai:
En hiver, si j’ai froid
Elle m’effleure la peau du doigt
Et je sens comme une petite brûlure
Mais une belle sensation !

Elle change de visage quelques fois
Pour la journée
Ou pour la semaine
Ou pour bien plus longtemps.

Si elle s’en va
Ce n’est que pour un moment.

Elle revient vite

Quand elle sait que je l’attends…

Le plongeur

La surface trace tous ses O;

un signe bleu ensevelit ses yeux

pour le paradis faune et flore

en-dessous.

Descendre chaque marche jusqu’à la fleur;

Retenir son souffle dans les eaux troubles

où rien ne meurt.

Une nuée de poissons couleurs

s’envole en pleurs;

Une aile effleure.

 

Le dernier pallier ouvre son cœur

au livre qu’il rouvre des signes fleurs.

Puis les corps poissons remontent à l’heure,

leurs signes amis au sel de la vie.

 

Le scaphandre enlève un sourire au poisson soleil

qui,  sur l’océan, rougit de son rêve.

 

Une carcasse sirène délivre ses trésors

du fond des Abymes.