Métro

Je plonge dans les bouches de métro qui me nourrissent de musiques,
les êtres humains, dans ce lieu, on les croise,
et leurs habits aussi les trahissent,
les yeux éveillés voient tout, aussi les intentions souterraines,
eux-aussi, jugent-ils les dehors de mon apparence,
mes baskets ridées ont fait plus d’un tour du monde et se lèvent aux aurores,
mes jeans dans la ville me font clochard
mais un livre sous le bras, de René Char,
me sauve !

Car enfin vivre comme je vis, c’est courir dans les forêts,
tomber dans les ornières,
Non pas glisser le long de corridors étroits.

A chaque station, nous nous quittons, d’autres montent,
nous sommes la masse humaine compacte, la multitude anonyme,
voilà qu’ils giclent au détour, d’autres prennent la place
alors nous nous serrons les coudes,
nous tendons nos pensées communément vers la délivrance !
Un mathématicien aurait justement démontré que nous sommes des vecteurs,
ces petites flèches inanimées, inhumaines, cousines des missiles.

Il faut choisir son destin.
Qui donc sait que, là, j’ai failli au devoir de rencontre ?

2 réflexions sur “Métro

  1. Tout ce que j’aime lire, ces petites textes vivants, enfin ! AM

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