Le compagnon d’Emmaüs

Elle est immense, immense, la place qui m’est réservée au fond de ce couloir mal éclairé, que personne ne visite ! Bibliothèque des Classiques. Les livres ouvrent la parole de ceux qui se sont tus. Ici, sur les murs, leurs écrits résonnent. Aujourd’hui je n’ai pas su y ajouter quelque chose. La solitude glacée des épaisseurs. Serais-je déjà enfoui dans les abysses ? J’allume ma torche : Est inscrite une pensée de René Char :

« Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore. »

Tout d’un coup les murs imaginés tombent. L’amour se perpétue.
Le Domaine s’ouvre. La Maison éclairée.
Je suis encore une fois le fidèle de la soupe d’un soir, moi, l’indigent de parole, le compagnon d’Emmaüs. Devant mes yeux ébahis, les hôtes ont déposé des couverts en argent. Pour me combler de lumière, jusqu’à la fin de la nuit, ils récitent des étoiles.

Bon sang ! Leurs écrits aux miens comme contemporains sont des appels d’amour !
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