Dans un million d’années

Au seuil du millième millénaire
nous nous nourrissons d’oxygène pur et de poésie.
Puis, en apnée, nous réduisons nos rythmes.

Nos mains devenues transparentes se chargent de phosphore,
miment, pour jouer, les aurores boréales, s’allègent.

( Les autres, ceux qui n’ont pas brillé, lourds de membrures
métallisées, sont tombés dans la mer. Ils perpétuent
le cycle en générant leurs oligoéléments immédiatement
absorbés par le krill ).

Puis nos élytres s’ouvrent pour accomplir le voyage,
elles battent leurs ailes loin de la stratosphère,
ce soir, nous veillerons près du grand carré de Pégase,
à la lisière d’Andromède.

Les nuits croisent les jours dans un fondu d’ombres que chassent
les lumières.

Là, nous jouissons de musiques cosmiques,
les soupirs jalonnent nos passages,
des points d’orgue pour prolonger l’ivresse,
des points d’orgue ! Voilà ce que nous étions devenus !

Enfin un souffle ténu nous emporte à la suite des comètes,
puis nous avons quitté tous les systèmes,
notre phosphore s’est enrichi du sel de l’inconnu.

Nous ne sommes pas sortis indemnes de cette aventure,
nos joues se sont colorées, puis nous avons disparu,
dissous dans des vapeurs de chlore.

Il y a bien longtemps déjà.

Une brève oscillation avait cependant libéré nos semences,
un prélude au chant d’une transhumance.

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