Ephémère et sec comme le feu

Nos montures étaient devenues silencieuses. Nous traversions la lande froide sans croiser la lumière d’un regard. On devinait pourtant des villages aux portes closes, sans fumée, leurs toits de chaume gris. Des humains nous guettaient sûrement derrière les palissades. C’étaient ceux-là même qui nous avaient choisis pour le temps des semailles. Sans rien nous dire, ils avaient, avant même la fin de la saison, la nuit, coupé les blés que nous avions semés ; ils les avaient laissés là à même le sol. Ils pourriront parmi les ronces et les herbes folles. Il nous semblait qu’ils avaient voulu tout détruire. Pourquoi ? Tout nous est fugace, nous le savions, en franchissant le dernier pont dans un bruit sourd. Nous étions des travaux accomplis. Notre fierté. Il restait, sur nos habits, ce parfum de paille, éphémère et sec comme le feu…

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